Nutrition

Cholestérol : que manger pour le faire baisser ?

LDL, HDL, objectifs selon votre risque, aliments qui aident vraiment, œufs, phytostérols et levure de riz rouge : le point sur ce que l'alimentation peut faire, et ce qu'elle ne peut pas.

Par la rédaction UCPLLMis à jour le 8 min de lectureNotre méthode
Bol de flocons d'avoine garni de noix
Bol de flocons d'avoine garni de noix — Photo : Margarita Zueva / Unsplash

La réponse courte

Pour faire baisser le LDL-cholestérol, il faut surtout remplacer les graisses saturées (beurre, charcuterie, fromages gras, viennoiseries) par des graisses insaturées (huiles de colza et d'olive, noix, poissons), et augmenter les fibres solubles : avoine, orge, légumineuses, fruits. Une alimentation bien suivie fait en général baisser le LDL de quelques pourcents à environ 15 %. Si votre risque cardiovasculaire est élevé, elle ne suffit souvent pas et un traitement est discuté avec le médecin.

À retenir

  • Le LDL-cholestérol, ou « mauvais cholestérol », se dépose dans les artères ; c'est lui que l'on cherche à faire baisser.
  • Les objectifs dépendent du risque cardiovasculaire : moins de 1,16 g/L de LDL si le risque est faible, jusqu'à moins de 0,55 g/L si le risque est très élevé (ESC/EAS, 2019).
  • 3 g de bêta-glucanes d'avoine ou d'orge par jour contribuent à réduire le cholestérol sanguin (allégation autorisée dans l'UE).
  • Les produits enrichis en phytostérols baissent le LDL d'environ 10 % en moyenne, mais l'Anses (2014) n'a pas démontré de bénéfice sur les maladies cardiovasculaires.
  • Depuis 2022, les compléments de levure de riz rouge doivent apporter moins de 3 mg de monacolines par jour ; l'Anses déconseille de les prendre sans avis médical.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. En cas de symptômes, de traitement en cours, de grossesse ou d'allaitement, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Sommaire
  1. LDL, HDL : de quoi parle-t-on ?
  2. Quelles valeurs viser selon votre risque ?
  3. Quel effet réel peut avoir l'alimentation ?
  4. Graisses saturées ou insaturées : le levier principal
  5. Fibres solubles et bêta-glucanes : l'avoine, une vraie alliée
  6. Les œufs sont-ils interdits ?
  7. Phytostérols : efficaces sur le LDL, mais pas pour tout le monde
  8. Levure de riz rouge : un médicament qui ne dit pas son nom
  9. Tableau récapitulatif : que manger contre le cholestérol ?
  10. Les autres leviers : poids, activité, tabac
  11. Quand un traitement est-il nécessaire ?

Un bilan sanguin qui revient avec un cholestérol « un peu élevé », et la question tombe aussitôt : que faut-il manger, ou arrêter de manger ? Les conseils contradictoires ne manquent pas, entre les œufs bannis puis réhabilités, les margarines enrichies et les compléments « naturels ».

La bonne nouvelle, c'est que l'alimentation a un effet réel sur le LDL-cholestérol. La moins bonne, c'est que cet effet est modéré et qu'il ne remplace pas un traitement quand le risque cardiovasculaire est élevé.

Ce guide fait le point sur les chiffres à connaître, les aliments qui aident vraiment et les produits à manier avec précaution.

LDL, HDL : de quoi parle-t-on ?

Le cholestérol n'est pas un poison : il est indispensable à la fabrication des cellules et de certaines hormones. Il circule dans le sang grâce à des transporteurs, les lipoprotéines.

  • Le LDL-cholestérol (LDLc), appelé « mauvais cholestérol », transporte le cholestérol vers les tissus. En excès, il se dépose dans la paroi des artères et forme des plaques d'athérome, qui favorisent infarctus, AVC et artérite des jambes, comme le rappelle l'Assurance Maladie.
  • Le HDL-cholestérol (HDLc), dit « bon cholestérol », ramène le cholestérol en excès vers le foie pour qu'il soit éliminé.
  • Les triglycérides sont une autre forme de graisses sanguines, influencée surtout par le sucre, l'alcool et le surpoids.

C'est le LDL qui sert de cible principale. Augmenter artificiellement le HDL n'a pas démontré de bénéfice cardiovasculaire.

Quelles valeurs viser selon votre risque ?

Il n'existe pas de « bon » taux unique de LDL. L'objectif dépend de votre risque cardiovasculaire global : âge, tabac, tension artérielle, diabète, antécédents personnels et familiaux, maladie rénale. Votre médecin l'estime à partir de ces éléments.

Les recommandations européennes de l'ESC et de l'EAS (2019), utilisées en France, fixent les objectifs suivants :

Niveau de risque Exemples de situations Objectif de LDL-cholestérol
Faible Adulte jeune sans facteur de risque Moins de 1,16 g/L (3,0 mmol/L)
Modéré Un ou deux facteurs de risque modérés Moins de 1,00 g/L (2,6 mmol/L)
Élevé Facteur de risque majeur isolé (LDL très élevé, hypertension sévère), diabète de longue date sans complication Moins de 0,70 g/L (1,8 mmol/L) et baisse d'au moins 50 %
Très élevé Antécédent d'infarctus ou d'AVC, diabète avec complications, maladie rénale sévère Moins de 0,55 g/L (1,4 mmol/L) et baisse d'au moins 50 %

Autrement dit, un LDL de 1,40 g/L n'a pas la même signification à 35 ans sans facteur de risque qu'à 60 ans avec un diabète et une hypertension. Si vous surveillez aussi votre tension, notre article sur la tension artérielle normale donne les repères utiles.

Haricots secs bruns et noirs dans un bol en céramique blanche
Haricots secs bruns et noirs dans un bol en céramique blanche — Photo : Susan Wilkinson / Unsplash

Quel effet réel peut avoir l'alimentation ?

Les changements alimentaires bien suivis permettent en général de faire baisser le LDL de quelques pourcents à environ 15 %, selon le point de départ et l'ampleur des changements. C'est significatif quand le risque est faible ou modéré. C'est souvent insuffisant pour atteindre des objectifs très bas, ou en cas d'hypercholestérolémie familiale.

Les leviers les plus efficaces, par ordre d'importance :

  1. Remplacer les graisses saturées par des graisses insaturées.
  2. Augmenter les fibres solubles.
  3. Perdre du poids en cas de surpoids, surtout au niveau du ventre.
  4. Éventuellement, des aliments enrichis en phytostérols, avec les précautions décrites plus bas.

Graisses saturées ou insaturées : le levier principal

Les graisses saturées sont celles qui font le plus monter le LDL. L'Anses recommande de ne pas dépasser 12 % de l'apport énergétique en acides gras saturés. On les trouve surtout dans :

  • le beurre, la crème, les fromages gras ;
  • la charcuterie et les viandes grasses ;
  • les viennoiseries, biscuits, pâtisseries, plats préparés ;
  • les produits à base d'huile de palme ou de coprah.

L'objectif n'est pas de supprimer les graisses, mais d'en changer la nature. Les graisses insaturées ont un effet neutre ou favorable sur le LDL :

  • huile de colza (riche en oméga-3) et huile d'olive pour la cuisine et l'assaisonnement ;
  • noix, amandes, noisettes non salées ;
  • poissons gras deux fois par semaine environ, comme le recommande l'Assurance Maladie (voir nos sources d'oméga-3) ;
  • avocat, graines.

Attention au piège des produits « allégés en gras » remplis de sucre : remplacer le beurre par des biscuits « light » ne sert à rien.

Fibres solubles et bêta-glucanes : l'avoine, une vraie alliée

Les fibres solubles forment un gel dans l'intestin qui piège une partie des acides biliaires, fabriqués à partir du cholestérol. Le foie puise alors dans le cholestérol sanguin pour en refaire.

Les bêta-glucanes d'avoine et d'orge sont les mieux étudiés. Ils bénéficient d'une allégation de santé autorisée dans l'Union européenne : consommés à raison de 3 g par jour, ils contribuent à réduire le taux de cholestérol sanguin. En pratique, 3 g de bêta-glucanes correspondent à environ 60 à 80 g de flocons d'avoine, ou 40 g de son d'avoine, selon les produits.

Autres sources utiles de fibres solubles :

  • légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots secs ;
  • fruits riches en pectine : pommes, poires, agrumes ;
  • légumes, graines de psyllium.

L'Anses recommande 30 g de fibres par jour au total. Pour atteindre ce repère, consultez notre liste des aliments riches en fibres.

Bon à savoir

Remplacez vos céréales du petit-déjeuner sucrées par un bol de flocons d'avoine avec un fruit et quelques noix : vous cumulez fibres solubles, graisses insaturées et moins de sucres ajoutés.

Les œufs sont-ils interdits ?

Non. Le cholestérol alimentaire (œufs, abats, crustacés) influence moins le LDL sanguin que les graisses saturées chez la plupart des gens, car le foie ajuste sa propre production. La réponse varie toutefois d'une personne à l'autre.

En cas de cholestérol élevé, l'Assurance Maladie conseille de limiter les aliments très riches en cholestérol, comme les abats, le foie et les œufs. Concrètement, quelques œufs par semaine restent compatibles avec une alimentation adaptée. Ce qui compte surtout, c'est ce qui les accompagne : bacon, beurre et viennoiseries pèsent bien plus lourd.

Phytostérols : efficaces sur le LDL, mais pas pour tout le monde

Les phytostérols (ou stérols végétaux) sont ajoutés à certaines margarines, yaourts ou boissons lactées. Ils freinent l'absorption du cholestérol dans l'intestin. L'UE autorise l'allégation selon laquelle 1,5 à 3 g par jour réduisent le LDL de 7 à 10 % en deux à trois semaines.

L'Anses a cependant émis un avis prudent en 2014 :

  • le LDL baisse d'environ 10 % en moyenne, mais environ 30 % des personnes ne répondent pas ;
  • aucune étude n'a montré de baisse des infarctus ou des AVC ;
  • les phytostérols font baisser le taux sanguin de bêta-carotène, ce qui doit être compensé par des fruits et légumes en quantité suffisante ;
  • ils sont déconseillés aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes.

Si vous envisagez ces produits, parlez-en d'abord à votre médecin, surtout si vous suivez déjà un traitement.

Levure de riz rouge : un médicament qui ne dit pas son nom

La levure de riz rouge contient des monacolines, dont la monacoline K, chimiquement identique à la lovastatine, un médicament anticholestérol de la famille des statines. Elle en partage donc aussi les effets indésirables possibles.

En 2014, l'Anses a analysé 25 signalements d'effets indésirables bien documentés, dont 12 jugés probablement liés à ces produits, principalement des atteintes musculaires, et trois atteintes du foie. L'agence recommande de demander l'avis d'un médecin avant toute prise.

Depuis le règlement européen 2022/860, les compléments de levure de riz rouge doivent apporter moins de 3 mg de monacolines par portion journalière et porter des avertissements obligatoires : ne pas les consommer pendant la grossesse ou l'allaitement, avant 18 ans, après 70 ans, en cas de traitement anticholestérol, ni en association avec d'autres produits à base de levure de riz rouge.

L'Assurance Maladie rappelle aussi que son efficacité à ces doses est faible et qu'elle ne doit ni remplacer une statine, ni lui être associée. Pour comprendre plus largement la place de ces produits, voir notre article sur le rôle des compléments alimentaires.

Tableau récapitulatif : que manger contre le cholestérol ?

À privilégier Effet sur le LDL À limiter Pourquoi
Flocons, son d'avoine, orge Baisse (3 g de bêta-glucanes par jour) Beurre, crème, fromages gras Riches en graisses saturées
Légumineuses Baisse (fibres solubles) Charcuterie, viandes grasses Graisses saturées, sel
Huiles de colza et d'olive Neutre à favorable en remplacement du beurre Viennoiseries, biscuits, pâtisseries Graisses saturées, sucres
Noix, amandes (une poignée) Favorable Produits à l'huile de palme ou de coprah Très riches en acides gras saturés
Poissons gras Neutre sur le LDL, baisse des triglycérides Abats, foie Très riches en cholestérol
Fruits et légumes Fibres, compensent la baisse de bêta-carotène Sucres, alcool Font monter les triglycérides

Les autres leviers : poids, activité, tabac

L'alimentation fonctionne mieux quand elle s'inscrit dans une hygiène de vie globale. L'Assurance Maladie recommande :

  • au moins 150 minutes d'activité modérée par semaine ;
  • l'arrêt du tabac, qui abîme les artères indépendamment du cholestérol ;
  • l'atteinte d'un tour de taille inférieur à 94 cm chez l'homme et à 80 cm chez la femme. La perte de graisse abdominale améliore surtout les triglycérides et le HDL : voir nos conseils pour perdre du ventre.

Quand un traitement est-il nécessaire ?

Les mesures de mode de vie suffisent parfois quand le risque cardiovasculaire est faible. Mais si votre risque est élevé ou très élevé, si vous avez déjà eu un infarctus ou un AVC, ou si votre LDL reste loin de l'objectif malgré des efforts bien suivis, le médecin prescrit en général un hypolipémiant. Les statines sont le traitement de référence ; l'ézétimibe peut leur être associé si nécessaire.

L'alimentation reste alors indispensable : elle renforce l'effet du traitement et agit sur le reste du risque cardiovasculaire.

Attention

N'arrêtez jamais un traitement anticholestérol de vous-même, et ne le remplacez pas par de la levure de riz rouge ou un autre complément. Si vous ressentez des douleurs musculaires sous traitement, parlez-en à votre médecin.

En résumé : moins de graisses saturées, plus d'huiles végétales, de noix, d'avoine et de légumineuses, du poisson, et un bilan régulier avec votre médecin. C'est simple, efficace à son échelle, et compatible avec le plaisir de manger.

Questions fréquentes

Combien de temps pour faire baisser son cholestérol par l'alimentation ?

Le LDL-cholestérol réagit assez vite aux changements alimentaires : des effets sont mesurables en quelques semaines. Les médecins proposent souvent un nouveau bilan lipidique après environ trois mois de mesures bien suivies pour juger du résultat. Si votre risque cardiovasculaire est élevé, le traitement n'attend pas forcément ce délai : c'est au médecin d'en décider.

Peut-on manger des œufs quand on a du cholestérol ?

Oui, avec modération. Chez la plupart des gens, le cholestérol des aliments influence moins le LDL sanguin que les graisses saturées. En cas d'hypercholestérolémie, l'Assurance Maladie conseille toutefois de limiter les aliments très riches en cholestérol, comme les abats, le foie et les œufs. Quelques œufs par semaine, cuits sans beurre ni lardons, restent compatibles avec une alimentation adaptée.

Quels aliments font monter le cholestérol ?

Ce sont surtout les aliments riches en graisses saturées : beurre, crème, fromages gras, charcuterie, viandes grasses, viennoiseries, biscuits, plats préparés et produits contenant de l'huile de palme ou de coprah. Les acides gras trans, présents dans certains produits industriels, sont également défavorables. Le sucre et l'alcool en excès font surtout monter les triglycérides.

La levure de riz rouge est-elle dangereuse ?

Elle contient des monacolines, dont la monacoline K, identique à un médicament anticholestérol (la lovastatine), avec les mêmes effets indésirables possibles : douleurs musculaires, atteintes du foie. L'Anses a recensé des effets indésirables et la déconseille notamment pendant la grossesse, avant 18 ans, après 70 ans et en cas de traitement par statine. Demandez toujours l'avis de votre médecin.

Le cholestérol est-il héréditaire ?

Il peut l'être. L'hypercholestérolémie familiale est une maladie génétique fréquente qui provoque un LDL très élevé dès le plus jeune âge, quelle que soit l'alimentation. Si plusieurs membres de votre famille ont eu un infarctus ou un AVC jeunes, ou si votre LDL est très élevé, parlez-en à votre médecin : un traitement est alors généralement nécessaire et le dépistage des proches recommandé.

Sources

  1. ESC/EAS — 2019 Guidelines for the management of dyslipidaemias, European Heart Journal (2020)
  2. Ameli — Anomalies du cholestérol et des triglycérides : causes et conséquences
  3. Ameli — Cholestérol et/ou triglycérides élevés : quel traitement ?
  4. Anses — Foods fortified with phytosterols: no demonstration of an overall benefit regarding prevention of cardiovascular disease (2014)
  5. Anses — Food supplements containing red yeast rice: before consumption, ask a healthcare professional (2014)
  6. Règlement (UE) 2022/860 de la Commission du 1er juin 2022 — monacolines de la levure de riz rouge
  7. Règlement (UE) n° 432/2012 — liste des allégations de santé autorisées

Dernière vérification des sources : 27 septembre 2026.