Santé & bien-être

Mettre fin à une addiction aux jeux d'argent : 7 étapes et où trouver de l'aide

Reconnaître le problème, couper l'accès, demander l'interdiction volontaire de jeux, se faire accompagner gratuitement : un plan en 7 étapes et les ressources officielles.

Par la rédaction UCPLLMis à jour le 7 min de lectureNotre méthode
Lettres en bois formant les mots « ask for help » sur fond blanc
Lettres en bois formant les mots « ask for help » sur fond blanc — Photo : Brett Jordan / Unsplash

La réponse courte

Pour sortir d'une addiction aux jeux d'argent, commencez par en parler : Joueurs Info Service répond gratuitement et anonymement au 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7 de 8 h à 2 h. Coupez l'accès au jeu, notamment en demandant l'interdiction volontaire de jeux auprès de l'ANJ (3 ans minimum), et faites-vous accompagner par un CSAPA, gratuit et confidentiel, ou par votre médecin.

À retenir

  • Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, service gratuit et anonyme, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7, avec un chat en ligne.
  • L'interdiction volontaire de jeux, gérée par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), bloque casinos, clubs de jeux, sites agréés et jeux FDJ/PMU avec compte joueur, pour 3 ans minimum.
  • Les CSAPA (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) accueillent gratuitement et anonymement les joueurs et leurs proches.
  • Le jeu pathologique est reconnu comme une addiction comportementale : ce n'est ni un manque de volonté ni une faute morale.
  • Rechutes et envies fortes font partie du parcours ; elles ne signifient pas l'échec.

Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. En cas de symptômes, de traitement en cours, de grossesse ou d'allaitement, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Sommaire
  1. Étape 1 : reconnaître qu'il y a un problème
  2. Étape 2 : en parler à quelqu'un
  3. Étape 3 : couper l'accès au jeu
  4. Étape 4 : reprendre le contrôle de ses finances
  5. Étape 5 : identifier ses déclencheurs et préparer des alternatives
  6. Étape 6 : se faire accompagner par des professionnels
  7. Étape 7 : tenir dans la durée et accepter les rechutes
  8. Proches : comment aider sans s'épuiser ?
  9. Quand faut-il demander de l'aide en urgence ?
  10. En résumé

Au début, c'était un loisir. Puis les mises ont augmenté, les pertes aussi, et l'envie de « se refaire » a pris le dessus. Si vous lisez cet article, vous vous demandez peut-être si le jeu a pris trop de place dans votre vie, ou dans celle d'un proche.

L'addiction aux jeux d'argent, ou jeu pathologique, est reconnue comme une addiction comportementale. Elle peut avoir de lourdes conséquences sur les finances, la santé mentale, le travail et les relations. Mais elle se soigne, et il existe en France des dispositifs d'aide gratuits, anonymes et efficaces. Voici un plan en sept étapes pour reprendre le contrôle.

Bon à savoir

Besoin de parler maintenant ? Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, gratuitement et anonymement, 7 jours sur 7 de 8 h à 2 h. Un chat est aussi disponible sur joueurs-info-service.fr.

Étape 1 : reconnaître qu'il y a un problème

C'est souvent l'étape la plus difficile. Le jeu excessif s'installe progressivement, et la honte pousse à minimiser. Quelques questions honnêtes peuvent aider :

Signe d'alerte Ce que cela peut traduire
Vous jouez plus longtemps ou plus d'argent que prévu Perte de contrôle
Vous rejouez pour récupérer ce que vous avez perdu « Chasse aux pertes », mécanisme central de l'addiction
Vous cachez vos dépenses ou mentez à vos proches Conscience d'un problème, isolement
Vous empruntez, retardez des factures ou vendez des biens pour jouer Conséquences financières
Vous êtes irritable ou agité quand vous essayez d'arrêter Manque
Vous pensez au jeu en permanence Préoccupation envahissante
Vous jouez pour oublier un souci, le stress ou la tristesse Jeu utilisé comme régulateur émotionnel

Si vous vous retrouvez dans plusieurs de ces situations, il est temps d'agir. Ce n'est ni un manque de volonté ni une faute morale : les jeux d'argent, et particulièrement les jeux en ligne, rapides et accessibles en permanence, sont conçus pour être très stimulants.

Étape 2 : en parler à quelqu'un

Briser le silence réduit la pression et ouvre la porte à l'aide. Plusieurs interlocuteurs sont possibles :

  • Joueurs Info Service (09 74 75 13 13 ou chat) : écoute, information et orientation, anonymes et gratuites, de 8 h à 2 h, 7 jours sur 7. Le service accueille les joueurs et leurs proches ;
  • votre médecin traitant, qui peut évaluer la situation, repérer une anxiété ou une dépression associée et vous orienter ;
  • une personne de confiance de votre entourage.

Selon l'Assurance maladie, le pharmacien, l'infirmier scolaire ou de l'entreprise et le médecin du travail peuvent aussi être des premiers relais.

Deux personnes se tenant la main sur une table en signe de soutien
Deux personnes se tenant la main sur une table en signe de soutien — Photo : Priscilla Du Preez / Unsplash

Étape 3 : couper l'accès au jeu

Réduire les occasions de jouer donne du temps au cerveau pour laisser passer l'envie. C'est l'une des mesures les plus efficaces.

Demander l'interdiction volontaire de jeux (ANJ)

L'interdiction volontaire de jeux est un dispositif officiel géré par l'Autorité nationale des jeux (ANJ). Selon l'ANJ, elle vous empêche d'accéder :

  • aux casinos et clubs de jeux en France ;
  • aux sites de jeux en ligne agréés par l'ANJ (paris sportifs, hippiques, poker) : vos comptes existants sont clôturés ;
  • aux jeux de la FDJ et du PMU réalisés avec un compte joueur.

La demande se fait en ligne sur le service officiel de l'ANJ (interdictiondejeux.anj.fr), avec une pièce d'identité et une vérification par selfie ; elle peut être effective en quelques jours. Une procédure par courrier existe aussi, plus longue.

L'interdiction dure trois ans minimum et ne peut pas être levée pendant cette période. Elle se renouvelle ensuite tacitement, sauf demande de levée. Ce verrou est volontairement ferme : il vous protège dans les moments où l'envie est la plus forte.

Attention

L'interdiction ne couvre pas les achats anonymes en point de vente, ni les sites illégaux non agréés, qui n'offrent aucune protection du joueur. Combinez-la avec les autres étapes de ce guide.

Les autres barrières utiles

  • Supprimez les applications de jeu et vos favoris, désactivez les notifications et désabonnez-vous des e-mails et SMS promotionnels.
  • Installez un logiciel de blocage des sites de jeux sur vos appareils.
  • Si vous n'êtes pas encore prêt à l'interdiction, utilisez les limites de dépôt et l'auto-exclusion proposées par chaque opérateur agréé. Joueurs Info Service détaille ces options.
  • Demandez à votre banque de bloquer les paiements vers les sites de jeux, si elle le propose, ou de réduire vos plafonds de carte.

Étape 4 : reprendre le contrôle de ses finances

L'argent est à la fois une conséquence et un déclencheur du jeu. Sécuriser ses finances limite les risques et soulage l'anxiété.

  • Faites un état des lieux honnête : dettes, crédits, retards de paiement.
  • Limitez l'argent disponible : moins de liquide, plafonds de carte réduits, virement automatique vers l'épargne le jour de la paie.
  • Confiez temporairement la gestion des comptes à une personne de confiance, si cela vous aide.
  • En cas de dettes importantes, un travailleur social (CCAS, CSAPA, point conseil budget) peut vous aider à établir un plan et, si nécessaire, à constituer un dossier de surendettement auprès de la Banque de France.

Ne cherchez jamais à rembourser vos dettes en jouant : c'est le piège de la « chasse aux pertes ».

Étape 5 : identifier ses déclencheurs et préparer des alternatives

Le jeu répond souvent à un besoin : fuir le stress, l'ennui, la solitude, fêter un événement, ou « tenter sa chance » après un coup dur. Repérer ces situations permet d'anticiper.

  • Notez pendant quelques semaines quand et pourquoi l'envie de jouer apparaît : moment de la journée, émotion, lieu, personnes, événement sportif.
  • Préparez un plan B pour chaque situation à risque : appeler quelqu'un, sortir marcher, faire du sport, pratiquer une activité manuelle.
  • Face à une envie forte, rappelez-vous qu'elle culmine puis retombe, souvent en quelques dizaines de minutes. Occupez-vous pendant ce temps.

Des techniques de régulation du stress peuvent aider à traverser ces moments : la cohérence cardiaque, simple et rapide, ou d'autres méthodes présentées dans notre guide pour gérer son stress. L'activité physique régulière, comme la marche, améliore aussi l'humeur et occupe les moments à risque.

Étape 6 : se faire accompagner par des professionnels

Seul, arrêter est possible mais difficile. Un accompagnement augmente nettement les chances de réussite.

Les CSAPA

Les CSAPA (centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie) existent dans tous les départements. Selon Joueurs Info Service et l'Assurance maladie, ils sont gratuits et anonymes et réunissent des équipes pluridisciplinaires : médecins, psychologues, travailleurs sociaux. Ils proposent des consultations individuelles, des groupes de parole et un soutien aux familles. Les jeunes peuvent aussi s'adresser aux Consultations jeunes consommateurs (CJC).

Les consultations hospitalières d'addictologie

Certains hôpitaux disposent d'unités d'addictologie qui prennent en charge le jeu pathologique, en ambulatoire et, dans les situations complexes, en hospitalisation.

Quels traitements ?

  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont l'approche la mieux étudiée : elles travaillent sur les croyances erronées liées au jeu (« je vais finir par gagner », « je sens que ça va tourner »), les déclencheurs et les stratégies pour faire face.
  • Les entretiens motivationnels aident à clarifier ce que l'on souhaite changer.
  • Les troubles souvent associés (anxiété, dépression, consommation d'alcool) doivent être pris en charge en parallèle.
  • Les groupes d'entraide entre pairs, comme les Gamblers Anonymes (Joueurs anonymes), apportent un soutien complémentaire.
Ressource Pour qui Coût Comment y accéder
Joueurs Info Service (09 74 75 13 13, chat) Joueurs et proches Gratuit, anonyme Téléphone ou site, 8 h – 2 h, 7 j/7
Interdiction volontaire de jeux (ANJ) Joueurs Démarche en ligne sur le site officiel interdictiondejeux.anj.fr
CSAPA Joueurs et proches Gratuit, anonyme Sur place, adresse via Joueurs Info Service
Médecin traitant Joueurs Consultation remboursée Rendez-vous habituel
Mon soutien psy Adultes en souffrance psychique Séances remboursées Directement chez un psychologue partenaire

Étape 7 : tenir dans la durée et accepter les rechutes

Sortir d'une addiction prend du temps. Des envies peuvent revenir des mois plus tard, notamment lors d'événements stressants ou de grandes compétitions sportives.

  • Une rechute n'est pas un échec : c'est une information sur une situation à risque, à analyser avec votre accompagnant.
  • Célébrez les étapes : une semaine, un mois, un an sans jouer, l'argent économisé.
  • Remplissez le vide laissé par le jeu : sport, projets, bénévolat, loisirs, relations.
  • Prenez soin de vous : le manque de sommeil et le stress fragilisent. Nos conseils sur les risques d'un mauvais sommeil peuvent vous aider à retrouver un rythme.

Proches : comment aider sans s'épuiser ?

L'entourage souffre souvent en silence : dettes découvertes, mensonges, perte de confiance.

  • Parlez de faits précis et de vos émotions, sans accusation.
  • Ne couvrez pas les dettes de jeu sans plan d'accompagnement, et protégez vos propres comptes.
  • Encouragez la personne à appeler Joueurs Info Service ou à consulter un CSAPA, sans forcer.
  • Faites-vous aider vous-même : Joueurs Info Service et les CSAPA accueillent aussi les proches.

Quand faut-il demander de l'aide en urgence ?

Attention

Si le jeu vous conduit à des idées suicidaires ou à un sentiment de désespoir, appelez immédiatement le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24, ou le 15 en cas d'urgence.

Les difficultés financières liées au jeu s'accompagnent parfois d'une grande détresse. Vous n'êtes pas seul : des professionnels sont formés pour vous écouter et vous aider à trouver des solutions, y compris pour les dettes.

En résumé

  1. Reconnaître le problème, sans honte.
  2. En parler : Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13.
  3. Couper l'accès, notamment avec l'interdiction volontaire de jeux de l'ANJ.
  4. Sécuriser ses finances.
  5. Repérer ses déclencheurs et préparer des alternatives.
  6. Se faire accompagner : CSAPA, médecin, psychologue.
  7. Tenir dans la durée, en acceptant que le chemin ne soit pas linéaire.

Questions fréquentes

Comment savoir si je suis addict aux jeux d'argent ?

Plusieurs signes doivent alerter : jouer plus d'argent ou plus longtemps que prévu, rejouer pour « se refaire » après une perte, mentir à ses proches sur ses dépenses, emprunter pour jouer, se sentir irritable quand on essaie d'arrêter, négliger son travail ou sa famille. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations, parlez-en à Joueurs Info Service ou à votre médecin : un échange permet de faire le point sans jugement.

L'interdiction volontaire de jeux peut-elle être levée avant 3 ans ?

Non. Selon l'Autorité nationale des jeux, l'interdiction volontaire dure trois ans minimum et ne peut pas être interrompue pendant cette période. Elle se renouvelle ensuite tacitement, sauf demande de levée de votre part. Ce caractère non révocable est justement ce qui la rend protectrice dans les moments d'envie intense.

L'interdiction de jeux bloque-t-elle les jeux à gratter et les paris au bureau de tabac ?

Elle concerne les casinos et clubs de jeux, les sites de jeux en ligne agréés par l'ANJ, et les jeux de la FDJ et du PMU réalisés avec un compte joueur. Les achats anonymes en point de vente, comme certains jeux de grattage, restent techniquement possibles. C'est pourquoi l'interdiction se combine utilement avec d'autres mesures : accompagnement, gestion des moyens de paiement, aide d'un proche.

Que faire si un proche a un problème de jeu ?

Exprimez votre inquiétude calmement, en parlant de faits précis et de ce que vous ressentez, sans reproches ni ultimatum. Ne remboursez pas ses dettes de jeu sans plan d'accompagnement, et protégez vos propres finances. Joueurs Info Service et les CSAPA accueillent aussi l'entourage : vous pouvez être aidé même si la personne concernée n'est pas encore prête à consulter.

Les CSAPA sont-ils vraiment gratuits ?

Oui. Selon l'Assurance maladie, les CSAPA proposent un accompagnement médical, psychologique et social gratuit et anonyme, dans tous les départements. Ils prennent en charge les addictions aux substances comme les addictions comportementales, dont le jeu d'argent. Les proches peuvent aussi y être reçus. Joueurs Info Service peut vous indiquer le centre le plus proche.

Sources

  1. Joueurs Info Service — Aide à distance pour les joueurs et leur entourage
  2. Joueurs Info Service — L'aide spécialisée
  3. ANJ — Service en ligne d'interdiction volontaire de jeux
  4. ANJ — Combien de temps dure une interdiction volontaire de jeux d'argent ?
  5. Service-Public.fr — Interdiction de jeux
  6. Ameli — Addictions : à qui s'adresser ?

Dernière vérification des sources : 27 septembre 2026.