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La réponse courte
Pour éviter le mal de dos en télétravail, installez-vous à un vrai bureau, écran à bout de bras (50 à 70 cm) avec le haut de l'écran à hauteur des yeux, pieds à plat et dos soutenu. Avec un ordinateur portable, ajoutez un support et un clavier séparé. Surtout, levez-vous et bougez environ toutes les 30 minutes, comme le recommande l'INRS.
À retenir
- L'INRS recommande un écran placé à 50-70 cm, son bord supérieur à hauteur des yeux.
- Un ordinateur portable utilisé seul impose de baisser la tête : un support et un clavier externe sont indispensables pour travailler longtemps.
- Des pauses actives environ toutes les 30 minutes limitent les douleurs du dos, du cou et la fatigue visuelle.
- La sédentarité est un facteur de lombalgie : la HAS fait de l'activité physique le premier traitement du mal de dos.
- Une douleur qui irradie dans un bras ou une jambe, avec fourmillements ou perte de force, doit faire consulter.
Ces informations sont générales et ne remplacent pas une consultation. En cas de symptômes, de traitement en cours, de grossesse ou d'allaitement, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Sommaire
Pas de trajet, plus de souplesse, mais souvent un poste de travail improvisé : table de cuisine, chaise de salle à manger, ordinateur portable posé à plat, voire canapé. Beaucoup de télétravailleurs découvrent au bout de quelques semaines des douleurs dans le bas du dos, la nuque ou les épaules.
Le télétravail cumule deux facteurs connus : une posture mal adaptée et une sédentarité accrue. À la maison, on ne marche plus jusqu'à la salle de réunion ou la machine à café, et l'on peut rester des heures sans se lever. La bonne nouvelle, c'est que quelques réglages simples et l'habitude de bouger suffisent souvent à éviter l'essentiel des douleurs.
Pourquoi le télétravail donne-t-il mal au dos ?
Le dos n'aime pas l'immobilité. Rester assis longtemps dans la même position fatigue les muscles qui maintiennent la colonne, augmente la pression sur les disques du bas du dos et raidit les articulations. Si, en plus, l'écran est trop bas, la tête part en avant : le cou et le haut du dos doivent alors supporter une charge bien plus importante.
Les principaux coupables, observés chez les télétravailleurs :
- l'ordinateur portable utilisé seul, qui oblige à regarder vers le bas ;
- une chaise sans soutien lombaire, trop haute ou trop basse ;
- une table trop haute, qui fait remonter les épaules ;
- l'absence de pauses : les journées enchaînant visioconférences et écrans ;
- moins d'activité physique au quotidien, faute de déplacements.
La Haute Autorité de santé (HAS) rappelle que l'activité physique est le premier traitement de la lombalgie commune, et que la sédentarité favorise son passage à la chronicité.
Comment régler son poste de travail à la maison ?
L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) publie des repères précis pour le travail sur écran. Ils s'appliquent aussi bien au bureau qu'à domicile.
| Élément | Réglage recommandé | Astuce à la maison |
|---|---|---|
| Écran | Bord supérieur à hauteur des yeux, à 50-70 cm, face à vous | Rehausser avec un support ou une pile de livres |
| Verres progressifs | Écran un peu plus bas | Éviter de basculer la tête en arrière |
| Siège | Hauteur permettant d'avoir les pieds à plat, dossier avec soutien lombaire | Coussin lombaire ou serviette roulée dans le creux des reins |
| Coudes | À environ 90°, avant-bras posés sur le plan de travail | Rapprocher le clavier du bord de la table |
| Pieds | À plat au sol | Repose-pieds ou boîte si la chaise est trop haute |
| Bureau | Profondeur suffisante (80 cm minimum selon l'INRS) pour reculer l'écran | Éviter la tablette étroite ou le plan de travail de cuisine |
| Lumière | 300 à 500 lux, écran perpendiculaire à la fenêtre | Ne pas travailler dos ou face à la fenêtre |
Le cas de l'ordinateur portable
C'est l'erreur la plus fréquente. Avec un ordinateur portable posé sur la table, soit l'écran est trop bas (et le cou se fléchit), soit le clavier est trop haut (et les épaules se crispent). Impossible de régler les deux à la fois.
La solution : surélever l'ordinateur avec un support pour placer l'écran à hauteur des yeux, et y associer un clavier et une souris séparés. Un écran externe est encore plus confortable si vous télétravaillez plusieurs jours par semaine.
La chaise
Une chaise de bureau réglable n'est pas obligatoire, mais elle aide. À défaut, une chaise stable avec dossier fera l'affaire, complétée par un coussin lombaire et, si besoin, un repose-pieds. Évitez les tabourets et les chaises de jardin pour une journée complète.
Asseyez-vous au fond de la chaise, le dos en appui contre le dossier : c'est lui qui doit porter votre dos, pas vos muscles.
Quels équipements valent vraiment l'investissement ?
Inutile de transformer son salon en open space pour protéger son dos. Mieux vaut cibler les équipements qui corrigent les défauts les plus fréquents, dans cet ordre de priorité :
| Équipement | Problème corrigé | Budget indicatif |
|---|---|---|
| Support d'ordinateur portable + clavier et souris séparés | Tête penchée, épaules crispées | 30 à 70 € |
| Écran externe | Écran trop petit et trop bas | 100 à 200 € |
| Coussin lombaire | Dos arrondi sur une chaise ordinaire | 20 à 40 € |
| Repose-pieds | Chaise trop haute, pieds dans le vide | 20 à 40 € |
| Siège de bureau réglable | Absence de soutien et de réglages | 150 à 400 € |
| Bureau assis-debout | Immobilité prolongée | 250 à 600 € |
Commencez par les premières lignes : un support et un clavier séparés règlent à eux seuls une grande partie des douleurs du cou et des épaules pour un petit budget. Le siège et le bureau réglables se justifient surtout si vous télétravaillez plusieurs jours par semaine.
Un équipement, même excellent, ne remplace pas le mouvement. Comme le résument souvent les ergonomes, la meilleure posture est la suivante : changer régulièrement de position compte davantage que tenir une position « parfaite » toute la journée.
Combien de pauses faut-il faire ?
Même le poste le mieux réglé ne compense pas des heures d'immobilité. L'INRS recommande des pauses actives environ toutes les 30 minutes : se lever, marcher, changer de position, reposer les yeux.
Ces pauses n'ont pas besoin d'être longues. Une ou deux minutes suffisent pour relancer la circulation et soulager les muscles. Quelques idées pour les intégrer :
- téléphoner debout ou en marchant ;
- se lever à chaque fin de visioconférence ;
- aller chercher un verre d'eau plutôt que de garder une bouteille sur le bureau ;
- programmer un rappel sur l'ordinateur ou sur une montre : de nombreux bracelets proposent une alerte d'inactivité (voir notre comparatif des bracelets connectés) ;
- alterner les positions si vous disposez d'un bureau assis-debout.
Profitez aussi du temps gagné sur les trajets pour marcher : une promenade de 20 à 30 minutes à midi ou en fin de journée entretient le dos et le moral. Nos conseils pour marcher au quotidien valent aussi pour la santé du dos.
Quels exercices faire à son bureau ?
Ces mouvements doux, sans matériel, peuvent être répétés plusieurs fois par jour. Ils ne doivent pas provoquer de douleur.
- Rouler les épaules : assis ou debout, faites 10 grands cercles d'épaules vers l'arrière, lentement.
- Rentrer le menton : regardez droit devant, reculez la tête comme pour faire un double menton, tenez 5 secondes, relâchez. Répétez 8 à 10 fois. Cet exercice corrige la tête projetée en avant.
- Rotation du tronc assis : mains sur les épaules opposées, tournez doucement le buste à droite puis à gauche, 5 fois de chaque côté.
- Extension debout : debout, mains dans le creux des reins, penchez-vous doucement en arrière en regardant devant vous, 5 fois.
- Étirement latéral : bras levé au-dessus de la tête, inclinez-vous doucement de l'autre côté, 15 secondes par côté.
- Marche : 2 minutes, même dans le couloir.
Pour un programme plus complet contre les douleurs lombaires, consultez nos exercices contre la lombalgie. Si c'est surtout la nuque qui souffre, voir notre guide sur le torticolis et la cervicalgie.
Et en dehors des heures de travail ?
Le dos se prépare aussi en dehors du poste de travail :
- pratiquer une activité physique régulière : marche, vélo, natation, yoga ou Pilates, au moins 30 minutes par jour la plupart des jours, comme le conseillent les autorités de santé ;
- renforcer les muscles du tronc deux fois par semaine ;
- soigner le sommeil et la literie : un oreiller adapté à votre position limite les réveils avec la nuque raide (voir notre comparatif des oreillers ergonomiques) ;
- séparer les espaces quand c'est possible, pour ne pas prolonger le travail sur le canapé le soir.
Que faire si le mal de dos s'installe ?
Une lombalgie commune n'a en général rien de grave : selon la HAS, elle évolue favorablement en moins de 4 à 6 semaines dans 90 % des cas. L'Assurance maladie insiste sur un message : le bon traitement, c'est le mouvement. Le repos au lit n'est pas recommandé ; il vaut mieux poursuivre ses activités, en les adaptant, et reprendre progressivement.
Le paracétamol ou un anti-inflammatoire, à la dose minimale et sur une courte durée, peut aider à rester actif. Demandez conseil à votre pharmacien, surtout si vous prenez d'autres médicaments.
Consultez rapidement en cas de douleur qui descend dans la jambe ou le bras avec fourmillements ou perte de force, de fièvre, de douleur après une chute, ou de troubles urinaires ou d'engourdissement du périnée (urgence).
Consultez aussi votre médecin si la douleur ne s'améliore pas après quelques semaines, revient souvent, ou vous empêche de travailler. La médecine du travail peut également vous aider à aménager votre poste à domicile.
Questions fréquentes
Peut-on télétravailler sur un canapé sans avoir mal au dos ?
Occasionnellement, pour une courte tâche, oui. Mais sur la durée, le canapé cumule les défauts : dos arrondi, écran trop bas, cou fléchi, avant-bras sans appui. Les douleurs du cou et du bas du dos apparaissent vite. Pour une journée de travail, mieux vaut une table à bonne hauteur et une chaise qui soutient le dos, même simple, améliorée avec un coussin lombaire.
Quelle hauteur doit avoir l'écran d'ordinateur ?
Selon l'INRS, le bord supérieur de l'écran doit se situer à hauteur des yeux, à une distance d'environ 50 à 70 cm, soit à peu près la longueur du bras. Si vous portez des verres progressifs, baissez un peu l'écran pour lire à travers le bas des verres sans basculer la tête en arrière. L'écran doit être face à vous, pas sur le côté.
Un bureau assis-debout est-il utile ?
Il peut aider, à condition d'alterner. Rester debout toute la journée n'est pas meilleur que rester assis : l'intérêt est de changer souvent de position, par exemple 20 à 30 minutes debout à plusieurs reprises dans la journée. À défaut de bureau réglable, se lever pour les appels téléphoniques ou les visioconférences sans partage d'écran produit un effet comparable.
Quels exercices faire pendant les pauses ?
Des mouvements simples suffisent : se lever et marcher quelques minutes, rouler les épaules vers l'arrière, tourner doucement la tête de chaque côté, s'étirer en levant les bras, faire quelques bascules du bassin debout. L'objectif n'est pas la performance mais de rompre la position statique. Regarder au loin 20 secondes repose aussi les yeux.
L'employeur doit-il fournir du matériel en télétravail ?
Le Code du travail ne fixe pas de liste précise d'équipements pour le télétravail : les modalités sont prévues par l'accord collectif, la charte ou l'accord avec l'employeur, qui reste responsable de la santé et de la sécurité des salariés. De nombreuses entreprises prennent en charge un écran, un clavier ou un siège. Renseignez-vous auprès de votre service RH ou de la médecine du travail.
Sources
- INRS — Travail sur écran : prévention des risques
- INRS — Travail sur écran : ce qu'il faut retenir
- INRS — Télétravail : des conseils pour préserver votre santé (ED 6454)
- Ameli — Mal de dos : le bon traitement, c'est le mouvement !
- HAS — Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (2019)
- Ameli — Comment ne pas avoir mal au cou ?
Dernière vérification des sources : 27 septembre 2026.